Les revendications actuelles sur le statut des stagiaires
 Le décret du 31 janvier 2008 proposé par Xavier Bertrand, ministre du Travail, pour réformer le statut des stagiaires est loin de satisfaire la plupart des représentants étudiants qui le jugent insuffisant (voir article sur les réactions). Vue d’ensemble des revendications actuelles. Â
Le décret tel que présenté, prévoit une rémunération décevante, un statut toujours mal reconnu… Bien que depuis deux ans le statut des stagiaires à fait des avancés fulgurantes, comparé aux trentes années d’inertie qu’il connaissait depuis 1978, les représentants des étudiants ne se disent pas pleinement satisfaits. Ils exigent d’autres améliorations qu’ils comptent bien faire accepter. Les revendications qui animent les représentants étudiants (principalement l’UNEF et « Génération Précaire ») sur le statut des stagiaires s’orientent autour de trois axes principaux:
Une rémunération à 50% du SMIC.
La première revendication est la rémunération des stagiaires ainsi que l’exonération d’impôts pour les entreprise à 50% du SMIC. Et cela dés le premier jour pour tous les stages, quelle que soit leur durée, contrairement au dernier décret qui ne rémunère que les stages de plus de trois mois. « Valérie Pécresse, qui a co-rédigé le dernier décret sur les stages, avait reconnu cette nécessité lorsqu’elle était député en présentant en 2006 une proposition de loi visant à permettre une rémunération des stages à 50% du SMIC.  Pourquoi a-t-elle renoncé à ses ambitions alors qu’elle a désormais les moyens d’agir en tant que Ministre? »
Un encadrement pédagogique.
Les syndicats étudiants mais également ceux des parents d’élèves (la PEEP et la FCPE principalement) exigent un encadrement pédagogique du stage dans l’entreprise et dans l’enseignement supérieur. Les étudiants doivent être mieux encadrés et bénéficier de stages qui correspondent à leur cursus. Bien que la charte prévoit déjà un encadrement pédagogique, en théorie, en pratique cela n’est pas toujours respecté.
Une réglementation pour que les stagiaires ne remplacent pas les salariés.
La dernière demande des étudiants touche à un problème plus vaste que le statut des stagiaires. Ils réclament la mise en place de dispositions contraignantes pour le patronat, afin que des entreprises ne se retrouvent pas avec plus de stagiaires que d’employés : interdiction de stage hors cursus, limitation du nombre de stagiaire dans l’entreprise, inscription de ces derniers sur la liste du personnels… Les entreprises qui emploient autant de stagiaires que d’employés, en plus « d’exploiter » une main d’oeuvre bon marché, tirent le marché de l’emploi vers le bas en remplaçant des salariés en CDD par des stagiaires. Elles ferment ainsi l’accés aux jeunes diplômés à des postes rémunérés exigeant leur niveau de formation et participent de surcroît à la précarisation galopante qui sévit dans une partie de la population.
Le dernier décret prévoit un renforcement du contrôle du nombre des conventions de stages conclues par l’entreprise, en obligeant cette dernière à en tenir une liste à jour. Cependant, rien n’est précisé quant à l’intégration des stagiaires sur la liste du personnel et sur les modalités de contrôle.
Un nouveau Comité sur les stages doit se tenir dans les mois à venir. Les syndicats se disent insatisfaits de la dernière avancée alors que le gouvernement à l’air bien décidé à camper sur ses positions. Le débat reste ouvert.
