Les réactions face au dernier décret sur le statut des stagiaires.
 Le statut des stagiaires est depuis quelques années un sujet d’actualité récurrent. Figé dans une immobilité totale pendant prés d’une trentaine d’années, ce satut à connu plusieurs avancées depuis 2006 (voir article) dont la dernière vient d’être officialisée récemment par un décret du ministre du Travail. Les réactions de satisfaction et de mécontentement ont bien entendu été nombreuses.
 Mercredi 30 janvier, Xavier Bertrand annonce à la presse que dorénavant les stagiaires seraient rémunérés « à partir de 30% du SMIC » et « à partir du premier jour » pour « tous les stages de plus de trois mois ». Fait anodin pour la plupart des français à l’écoute de leur poste de radio, véritable bombe pour les étudiants concernés qui attendaient impatiement ce nouveau décret. Les réactions de la part des réprésentants étudiants ne se firent pas attendre, manifestant leur déception « face à un texte qui n’apporte rien de véritablement novateur ».
« Génération Précaire » prend le micro.
C’est à l’antenne de France Info que l’un des membres de « Génération Précaire », collectif qui milite pour les droits de stagiaires (voir article), s’insurge contre les déclarations du ministre du travail; « le gouvernement traite les stagiaires avec mépris », les rémunérer à 30% du SMIC est « une insulte à la jeunesse » dit-il. Fidèle à l’adage « tout travail mérite salaire », le collectif ne se laisse pas démonter et renchérit: « Ce montant est insuffisant et rend stérile tout discours sur la valeur du travail ou le pouvoir d’achat », la jeunesse est encouragée « à partir à l’étranger » où les stages sont mieux rémunérés. Si cette personne est si remontée, c’est que ce décret obtenu aprés des mois de négociations avec le gouvernement n’apporte rien de vraiment nouveau, si ce n’est une maigre rémunération garantie pour les stages de plus de trois mois. Oui, mais pour les autres? La plupart des stages en entreprise sont d’une durée comprise entre un et trois mois, donc pas de gratification obligatoire pour cela…
Les représentants du collectif ajouteront dans une interview pour « Libération »: « C’est parce qu’on y passe du temps et qu’on maîtrise mieux que quiconque le sujet que l’on considère qu’on se fout tout simplement de notre gueule. » Comme ça au moins c’est clair.
L’UNEF ne veut pas que le gouvernement « réchauffe du déjà cuit ».
L’un des principaux syndicats étudiants considère, tout comme « Génération Précaire », que « le ministre fait du surplace » avec une réforme qui ne change en rien une situation qui ne progresse que de petit pas en petit pas. L’UNEF qui participe elle aussi aux négociations avec le gouvernement sait de quoi elle parle : « A quoi bon avoir organisé un Comité sur les stages (STAPRO), à l’initiative de M.Bertrand, et passer plusieurs dizaines d’heures en réunion pour réchauffer du déjà cuit ? »
Pour L’UNEF, cette proposition n’apporte rien de plus, et ne répond pas aux revendications actuelles (voir article) de la plupart des représentants étudiants. Un coup d’épée dans l’eau pour suspendre le débat?
Un syndicat étudiant heureux de ce dernier décret.
Seul l’UNI (syndicats des étudiants de droite) se dit pleinement satisfait du décret. Ils souhaiteraient juste voir à présent l’apparition de bureaux de stages dans les universités pour mutualiser les offres de stages et ainsi faciliter leurs recherche. La difficulté de trouver un stage reste, pour eux, le premier problème des étudiants-stagiaires.
